Onsenbranle.fr est de retour. Je vais pas commencer à faire des promesses de régularité ou de fréquences précises car c’est la meilleure façon pour que je ne tienne pas ma parole. Cependant, je suis conscient que je suis très marrant et que vous avez besoin d’être divertis, c’est la raison pour laquelle je reviens ici comme si de rien était. Plutôt que de continuer à saouler tout le monde avec des films singuliers ou trop sophistiqués, j’ai décidé de prendre la direction inverse et de vous conseiller cinq vrais films de golmon. C’est une sous-catégorie assez technique à définir mais à la lecture de l’article, vous allez très vite comprendre de quoi il s’agit. (Je mettrai pas de trailers car selon moi ça spoil beaucoup trop donc croyez-moi et force pour trouver les films).
The VelociPastor, Brendan Steere (2017)
Penser qu’il s’agit uniquement d’une œuvre sur la transformation d’un pasteur en vélociraptor reviendrait à passer à côté d’une bonne partie de l’intrigue. Outre le fait qu’on est plus sur du T-Rex en matière de gabarit de dinosaure, notons que cette dernière est également enrichie par des vrais dilemmes familiaux, moraux et religieux (ainsi que par des ninjas). Si on place quelques FX dans notre angle mort, il s’agit sûrement d’un des films les plus aboutis et réussis de la liste.
Cultivant l’esprit de golmon à merveille grâce à des protagonistes et des rebondissements plus surprenants les uns que les autres, le film est étonnamment bien écrit. Assumant complètement le côté fantasque du script, on parvient à être cueilli et pleinement satisfait cette proposition. The VelociPastor remplit vraiment bien son rôle de divertissement sans jamais vraiment être balourd.
Fun fact : L’idée du film est venue lorsque Brendan Steere a tapé « Velociraptor” et que son correcteur lui a proposé “Veloci Pastor”.
Cats on Park Avenue, Shin’ichi Nakada (1989)
Ici, ce ne sont pas des dinosaures qui brillent mais bien des chats qui montent sur les planches. Tout comme on peut le voir sur l’affiche du film, le générique s’ouvre sur un chat qui fait du skate et des gros plans sur des chats déjà particulièrement adorables, ce qui mérite absolument toutes les étoiles sur Letterboxd ou bien SensCritique. Cependant toute l’histoire ne tourne pas juste autour de chats mignons mais plutôt autour de la création d’une comédie musicale sur le thème de chats errants. (Je ne sais pas vraiment pourquoi cette idée me fait autant sourire mais j’suis comme ça).
Les fans de chanson, de félins et d’animation (car y’en a un peu) trouveront leur bonheur et si personnellement l’intrigue ne m’a pas retourné, j’ai trouvé impressionnant la manière dont ils sont parvenus à rendre l’acting des chats crédibles. Car, pendant qu’elles répètent et construisent leur pièce, il arrive de nombreuses péripéties au squad des chats mais le tout est savamment orchestré. C’est assez étrange d’écrire cette phrase mais il y a un vrai travail de direction d’acteurs (ou de dressage) qui a dû prendre un temps fou tant c’est crédible. Encore aujourd’hui, la difficulté et la technicité de certaines scènes m’interroge. Même s’il est un peu relou à trouver, le film vaut le détour. s/o Eden qui lira sûrement ça.
Treevenge, Jason Eisener (2008)

Chaque Hiver, à l’approche de Noël, il est fréquent de voir des sapins un peu partout apporter de la joie dans le cœur des enfants. Cependant, force est de constater que ces derniers sont souvent déconsidérés/mal traités de manière assez ingrate alors qu’en soi, ces pauvres arbres n’ont rien demandé. Des choix de guirlandes hideux à leur déracinement violent les poussant à rester dans des salons laids où la décoration murale laisse à désirer. (Sachant qu’à la base, ils sont en détente dans la nature). Qu’arriverait t-il si ces mêmes arbres prenaient leur revanche et se rebellaient contre les Humains ? C’est justement le plot de Treevenge.
Disponible directement sur Youtube, ce court-métrage embrasse les codes classiques des films d’horreur, quitte à parfois en faire un peu trop dans la surenchère gore. On est ici dans une oeuvre avec des protagonistes assez atypiques et l’ombre de ce film plane toujours au-dessus de moi à chaque fin d’année. Outre l’histoire assez simple au final, on en vient presque à se dire que c’est une manière assez originale et inédite d’éveiller une certaine prise de conscience environnementale et écologique chez les spectateurs. Respectons la nature et comme dit d’ailleurs l’adage : Le petit que t’as hagar reviendra un jour.
Shrek Retold, Grant Duffrin (2018)
Tout le monde connaît Shrek mais connaissez-vous Shrek Retold ?
Plus de 200 internautes se sont lancés le défi de faire un remake du film déjà classique. Cependant, afin que ce soit le plus efficace possible, ils ont recomposé chaque plan du film scène par scène. Jusque là, on peut se dire “ça fait beaucoup de monde mais pourquoi pas ?”
Cependant ici, plus de 200 styles différents sont présents et chaque internaute s’est réapproprié l’œuvre à sa manière.
Hypnotique, perturbant et souvent assez étonnant, l’œuvre renaît sous une nouvelle forme dantesque. A l’instar d’un immense cadavre exquis, les styles s’entrechoquent ; passant d’acteurs amateurs dans leur jardin avec le visage peint en vert à de l’animation ou encore des dessins d’enfants. L’expérience est immersive, captivante et tient en haleine jusqu’à la dernière seconde où l’on attend à chaque fois la prochaine salve. Le tout est monté de manière à ce que des scènes dignes de cauchemar se chevauchent avec des illustrations professionnelles. On est happé dans ce tourbillon et c’est aussi dérangeant que passionnant. Shrek Retold est une véritable ode à la créativité et replace à nouveau Shrek comme le véritable magnat d’Internet.
C.I.Ape, Ali Zamani (2021)

Comment terminer ce top sans évoquer un film qui ravira tous les fans de singes (y’en a beaucoup plus que vous ne le croyez). L’intrigue principale est résumée dans le titre où un jeune chimpanzé (qui sait jouer au frisbee avec brio) rejoint la CIA. Mettez de côté vos potentiels préjugés sur les capacités des singes dans les missions d’infiltration et laissez-vous emporter par la magie de ce film. Même si l’humour de ce dernier n’a pas vraiment fonctionné sur moi, le ton et le côté assez enfantin de C.I.Ape m’a notamment rappelé un film classique de mon enfance : Comme chiens et chats. Ceux qui savent savent.
Mais ici, notre chimpanzé préféré doit faire face à un sosie raté d’Alex Lutz et une confrérie de méchants assez pathétiques. En soi, je mentirais si je disais que c’était un bon film. À la fin du visionnage, j’avais l’impression que l’on m’avait craché dans la bouche alors que j’essayais simplement de sentir la pluie sur le bout de ma langue. Beaucoup de défauts dans ce film et c’est peut-être aussi dû au fait que c’est le seul de la liste que j’ai vu en VF (je pense pas). En tout cas, profitez des ralentis, de la place des requins voire même des chiens télécommandés ou encore des longues tribulations de notre ami le chimpanzé car vous verrez ça qu’ici. Par ailleurs, après avoir matté ce chef-d’oeuvre, deux choix s’offrent à vous. Dans le premier cas, vous passerez une bonne soirée et sinon ça peut faire un beau sujet de conversation avec votre thérapeute si jamais un silence un peu trop long s’installe.
Le cinéma regorge de pépites et une vie ne suffirait pas pour se délecter de tous ces plaisirs simples. Indépendament de leur script amusant ou des dialogues loufoques, j’aime me dire que des humains ont réussi à motiver toute une équipe afin qu’un chimpanzé puisse rejoindre la CIA ou bien que le fait qu’un pasteur se change en dinosaure pour faire le bien soit une bonne idée. C’est aussi ça l’esprit golmon alors cultivons-le, rejetons la condescendance et l’élitisme qui ne mènent pas bien loin de toute manière. Enfin, pour reprendre les termes de Casey : Gardons notre “esprit de gosse attardé”.