Je sais même pas comment écrire ça car je mentirais si je disais que les résultats des élections étaient surprenants. La surprise se trouve plutôt dans l’ampleur. Y’a 12 millions de gens qui se sont levés, qui sont sortis de chez eux pour aller voter extrême droite.
Le climat est tendu, l’ambiance est bizarre, je suis sur le chemin du taff, mais je suis déjà consterné et je ne sais même pas quoi en penser. On a fait à peu près toutes les étapes du Grand Chelem émotionnel, mais peut-être que la solution c’est de se barrer. Peut-être que la petite voix qui répétait que ce pays ne veut pas de nous n’était pas que dans notre tête. Des taux records. 12 millions, le message est plutôt clair. Peut-être que se battre contre des milliardaires, leur propagande médiatique et leur désinformation de masse était un combat perdu d’avance. Peut-être que la réponse est dans le vrai chaos, celui qu’ils craignent plus que tout, qu’ils brandissent à chaque débat. Peut-être qu’il faut retourner la table pour qu’ils aient vraiment des raisons d’avoir peur. Je sais pas, je me dis toujours que de 1) ils ont pas encore gagné, de 2) on vit déjà dans un pays gouverné par l’extrême droite, au moins le virage sera pas si violent.
Ce qui pique le plus à chaque élection, c’est le fait de s’éloigner davantage d’un modèle facilitant qui pourrait aider les nôtres. On perd à chaque fois l’alternative qui apporte une bouffée d’air améliorant nos quotidiens. Y’a des vrais actes racistes autour de nous, qui touche directement la vie de nos proches, mais tout le monde s’en branle. On se lève tous les matins pour aller au taff, on vit dans les quartiers que nos collègues de taff passent leur temps à critiquer, mais on vit surtout dans un pays qui déteste trop les noirs et les arabes pour offrir de meilleures conditions de vie à ses habitants. À quoi bon améliorer les hôpitaux, les retraites et les écoles quand on peut armer davantage les forces de l’ordre et faire porter des uniformes à des gosses?
En fait, c’est aussi pour éviter ce genre de choses qu’on est les relous des soirées, les trouble-fête des conversations, celles et ceux trop vigilants sur les détails. Bref là j’arrive au taff et je vais pas me relire car souvent quand j’écris des trucs comme ça, je me trouve toujours cringe quand je le relis. Votez NFP dans le doute, peut-être que ça changera les choses.
(j’y crois peu mais il nous reste que ça)
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